Face aux restrictions imposées par les États-Unis, les entreprises chinoises doivent faire preuve d’ingéniosité pour continuer à innover dans le domaine des semi-conducteurs. Le fondeur chinois SMIC prouve qu’il peut réussir là où beaucoup pensaient que c’était impossible, en produisant des puces en 5 nm sans recourir à la technologie EUV. Découvrez comment SMIC surpasse les attentes malgré les obstacles sur son chemin.
Les 3 infos à ne pas manquer
- SMIC a réussi à produire des puces en 5 nm sans utiliser la technologie EUV.
- Le Kirin 9030 Pro de SMIC équipe le smartphone Huawei Mate 80 Pro Max.
- La densité des transistors du 5 nm de SMIC est inférieure à celle de ses concurrents.
Défis technologiques liés à l’absence d’EUV
Pour fabriquer les semi-conducteurs les plus avancés, la technologie EUV est généralement indispensable. Cette technique repose sur des machines volumineuses et coûteuses, produites exclusivement par la société néerlandaise ASML. Cependant, en raison des pressions politiques exercées par les États-Unis, ces machines ne sont plus exportées vers la Chine, obligeant les entreprises chinoises à exploiter la technologie DUV.
La gravure DUV, bien que plus ancienne et moins performante que l’EUV, a permis à SMIC de continuer ses efforts d’innovation. Pour produire des puces en 7 nm avec DUV, SMIC doit multiplier les étapes, augmentant ainsi les risques d’erreurs et les coûts.
Le Kirin 9030 Pro et ses spécificités
Malgré les limitations techniques, SMIC a réussi à mettre sur le marché son premier SoC 5 nm, le Kirin 9030 Pro, qui équipe le dernier modèle phare de Huawei, le Mate 80 Pro Max. Bien que les différences avec la version 7 nm, le Kirin 9030, ne soient pas spectaculaires, il y a des améliorations notables, notamment dans la gestion de la basse consommation.
Le Kirin 9030 Pro se distingue par sa capacité à gérer deux threads supplémentaires par rapport à son prédécesseur, ce qui améliore ses performances dans les tâches en arrière-plan. Cela démontre la détermination de SMIC à progresser malgré les obstacles.
Comparaison avec les standards internationaux
Il est important de noter que, même si SMIC revendique la production de puces en 5 nm, la densité de transistors ne correspond pas nécessairement aux standards internationaux. D’autres entreprises comme Intel et Samsung ont également ajusté la dénomination de leurs technologies pour mieux correspondre à la réalité du marché.
La densité de transistors des puces 5 nm de SMIC est inférieure à celle de ses concurrents, comme TSMC. De plus, les performances en termes de fréquence ne surpassent pas celles des processeurs Snapdragon de Qualcomm, qui atteignent des fréquences supérieures à 3 GHz.
Contexte et historique de SMIC
Fondée en 2000, SMIC (Semiconductor Manufacturing International Corporation) est l’un des principaux fabricants de semi-conducteurs en Chine. L’entreprise a rapidement grimpé les échelons pour devenir un acteur majeur dans l’industrie des puces, malgré les défis géopolitiques et technologiques. Historiquement, SMIC a dû faire face à des embargos et des restrictions qui ont freiné son accès aux technologies de pointe, notamment celles provenant des États-Unis.
Malgré ces obstacles, SMIC a persisté dans son ambition de rivaliser avec les grands noms du secteur comme TSMC et Samsung. L’annonce de la production de puces 5 nm sans EUV est le dernier exemple en date de la capacité de SMIC à innover dans un environnement contraignant. Cette prouesse technique souligne la résilience et la détermination de SMIC à maintenir sa compétitivité sur la scène internationale.
