L’un des problèmes les plus fréquemment rapportés par les premiers utilisateurs concerne le poids du Vision Pro, qui dépasse les 600 grammes. Si cela semble raisonnable sur le papier, le ressenti change totalement après 30 à 45 minutes d’utilisation continue. Une sensation de pression apparaît sur le front, le nez ou la nuque, malgré les efforts d’Apple pour répartir la charge.

Plusieurs testeurs professionnels affirment avoir ressenti des douleurs cervicales après une journée de travail avec le casque. Ce manque d’ergonomie en fait un outil difficile à intégrer dans des usages prolongés, comme le travail créatif ou la visioconférence longue.

Une autonomie trop limitée pour les usages nomades

Le Vision Pro repose sur une batterie externe reliée par câble, dont l’autonomie moyenne tourne autour de 2h30 à 3 heures en utilisation mixte (vidéo, navigation, applications). Ce format crée une double contrainte : la dépendance à un bloc batterie encombrant à garder dans la poche, et la nécessité de recharger fréquemment l’appareil, ce qui n’est pas compatible avec un usage professionnel mobile.

Dans un comparatif mené par le média The Verge en 2024, le casque d’Apple est l’un des seuls à ne pas dépasser les 3 heures d’autonomie réelle, quand certains concurrents sous Android approchent les 5 heures, avec une batterie intégrée.

Des applications encore très limitées

Malgré les promesses d’un nouvel écosystème révolutionnaire, le catalogue d’applications spécifiques au Vision Pro reste très restreint. La plupart des apps disponibles sont des adaptations d’interfaces déjà existantes sur iPad ou iPhone, peu optimisées pour la réalité mixte.

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Le manque d’outils professionnels réellement pensés pour cette interface immersive limite fortement les cas d’usage. Les développeurs semblent encore hésiter à investir du temps dans un format encore très peu répandu, et surtout difficile à tester sans accès au casque lui-même.

En juin 2025, on comptait moins de 400 applications réellement conçues pour le Vision Pro sur l’App Store, contre plus de 1 200 pour le Meta Quest 3 à date équivalente après son lancement.

Un prix qui écarte la majorité des utilisateurs

Affiché à 3 499 dollars (et près de 4 000 euros en Europe avec les taxes), le Vision Pro se positionne comme l’un des produits grand public les plus chers jamais proposés par Apple. À ce tarif, il s’adresse quasiment uniquement aux early adopters, aux développeurs et aux entreprises disposant de budgets élevés.

Pour un usage quotidien, ce prix n’est pas justifié face à l’offre actuelle. De nombreux utilisateurs potentiels comparent ce tarif à celui d’un ordinateur haut de gamme, d’un iPhone et d’un iPad réunis, pour un appareil dont les usages restent encore incertains.

Les données internes d’analystes comme IDC estiment que moins de 150 000 unités du Vision Pro ont été réellement vendues au premier semestre 2025, loin derrière les attentes initiales.

Des sensations visuelles qui ne convainquent pas tous les utilisateurs

Bien que l’écran micro-OLED du Vision Pro offre une excellente définition, certains utilisateurs ont signalé une sensation de gêne visuelle après plusieurs dizaines de minutes. Cela peut aller d’un flou passager à des maux de tête ou vertiges, selon les contenus affichés et les mouvements de tête.

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La cause viendrait en partie de la latence entre le mouvement réel et la réponse à l’écran, mais aussi d’un alignement imparfait du champ de vision. De plus, la nécessité de régler les verres selon sa vue (avec des lentilles correctrices en option) ajoute un frein à l’adoption.

Des ophtalmologistes américains alertent depuis 2024 sur une fatigue oculaire liée à l’usage répété de ce type de casque, en particulier chez les jeunes adultes et les personnes souffrant de troubles de la convergence visuelle.

Une isolation sociale difficile à éviter

Le Vision Pro ne masque pas complètement les yeux grâce à son écran externe simulant le regard, mais dans les faits, il reste un objet qui coupe du monde réel. Communiquer avec une personne portant le casque reste difficile, voire malaisant, pour l’interlocuteur.

Ce mur visuel et gestuel limite fortement l’usage du Vision Pro dans des situations de co-présence, comme une réunion en présentiel, un travail collaboratif ou même un moment de détente partagé. Apple a tenté d’y remédier via la technologie EyeSight, mais le résultat reste largement perçu comme artificiel.

Une enquête menée auprès de 2 000 utilisateurs aux États-Unis montre que près de 64 % se sentent “déconnectés” lorsqu’ils portent le casque plus de 20 minutes dans un environnement partagé.